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Annales Gauloises (Les)
Revue mensuelle littéraire et artistique

Périodicité : Mensuel N°1 (15 mars 1889) puis bimensuel à compter du N°5 (1er juillet 1889), puis mensuel à compter de janvier 1891---) septembre 1892 [I-IV, n° 9]

Numérotation complète (au total, 60 numéros ont paru) :

N° 1 : 15/03/1889
N° 2 : 15/04/1889
N° 3: 15/05/1889
N° 4 : 16/06/1889
N° 5 : 01/07/1889
N° 6 : 15/07/1889
N° 7 : 01/08/1889
N° 8 : 15/08/1889
N° 9 : 01/09/1889
N° 10 : 15/09/1889
N° 11 : 01/10/1889
N° 12 : 15/10/1889
N° 13: 01/11/1889
N° 14: 15/11/1889
N° 15: 01/12/1889
N° 16 : 15/12/1889
N° 1 (2e année) : 01/01/1890
N° 2 (2e année) : 15/01/1890
N° 3 (2e année) : 01/02/1890
N° 4 (2e année): 15/02/1890
N° 5 (2e année) : 01/03/1890
N° 6 (2e année): 15/03/1890
N° 7 (2e année) : 01/04/1890
N° 8 (2e année) : 15/04/1890
N° 9 (2e année) : 05/05/1890
N° 10 (2e année) : 20/05/1890
N° 11 (2e année) : 05/06/1890
N° 12 (2e année) : 20/06/1890
N° 13 (2e année) : 05/07/1890
N° 14 (2e année) : 20/07/1890
N° 15 (2e année) : 05/08/1890
N° 16 (2e année) : 20/08/1890
N° 17 (2e année) : 05/09/1890
N° 18 (2e année) : 20/09/1890
N° 19 (2e année) : 05/10/1890
N° 20 (2e année) : 20/10/1890
N° 21 (2e année) : 05/11/1890
N° 22 (2e année) : 20/11/1890
N° 23 & 24 (2e année) : 05 & 20/11/1890


N°1 (3e année) : janvier 1891
N°2 (3e année) : février 1891
N°3 (3e année) : mars 1891
N°4 (3e année) : avril 1891
N°5 (3e année) : mai 1891
N°6 (3e année) : juin 1891
N°7 (3e année) : juillet 1891
N°8 (3e année) : août 1891
N°9 (3e année) : septembre1891
N°10 (3e année) : octobre 1891
N°11 (3e année) : novembre 1891
N°12 (3e année) : décembre 1891


N°1 (4e année) : janvier 1892
N°2 (4e année) : février 1892
N°3 (4e année) : mars 1892
N°4 (4e année) : avril 1892
N°5 (4e année) : mai 1892
N°6 (4e année) : juin 1892
N°7 (4e année) : juillet 1892 (indiqué août par erreur)
N°8 (4e année) : août 1892
N°9 (4e année) : septembre 1892
Adresse : Administration : Annonay, 11, rue de la Récluzière, imprimerie J. Royer ; puis 19, rue Ronchaux, Besançon, à partir du N°20 (20/10/1890). Rédaction : Paris, 17, rue du Commandeur.. Dépôt de la revue : Librairie Léon Vanier.

Description matérielle : 4° puis 8°, 16 p.puis 32 p., 0,25 F , puis 0,40 F. Abonnement (1 an) : 6 F.

Direction : Directeur-gérant : Henri Bossanne et Royer frères, imprimeurs à Annonay. Rédacteur en chef : Henry Cormeau, puis Henri Bossanne.

Revue proche de La Revue Moderne de Charles Bourget.

Contenu : poésies, nouvelles, études littéraires, saynètes, feuilleton, jeux de lettres (charades), romans, relations de voyages, chroniques artistiques, modes, compte-rendus de séances académiques.

Cote BNF : MICROFILM M- 535

Liste des collaborateurs (in extenso) :
Michel Abadie, Francesco Accinelli, Paul Arène, Ar-Ian, Auguste Avril, Marcel Bailliot, Gaston Bastit, Valéri Bernard, Léon L. Berthaut, Jacques Bertrand, Edmond Blanchard, Catulle Blée, A. Bodard, Bodoy, Firmin Boissin, Henri Bomel, Paul Bon, Jacques de Bonal, Georges Bonnamour, Henri Bossanne, Jean du Bouchage, Charles Bourget , P. Bourrette, J.F. Bouvagnet, Henry de Braisne, Simon Brugal, C.M. Bruyère, Maurice Calbet, J. Chapelon, Charlemond, Alfred Charron, Ernest Chebroux, Eugène Chenal, Fernand Clerget, Alfred Collomb, Victor Compas, Henri Corbel, Henry Cormeau, Noël Cotte, Gaston et Jules Couturat (psd . de Gaston Moreilhon et Geoges Bonnamour), Eugène Cowet, Pierre Darlay, René Darmagnac, Raimond Darsile, Henri Delcourt, François Depepins, Léon Dequillebecq, Léon Deschamps, A. Desrousseaux, Pierre Devoluy, Paul Didier, Don Antenna, Eugène Dreveton, Ernest Dubois, Dubédat, E. Duchatel, Louis Dumur, Louis Duplain, J. Dupuis, Pierre Duzéa, P. E., Miss E. Ehrtone, Alfred des Essarts, Emmanuel des Essarts, A. Estienne, Fantasio, Alphonse Fillieu, Jacques Français, Jean Francoeur, Charles Fuster, Paul Gabillard, Ed. Gauthier, Gervais, Goomy, Achille Grisard, Paul Harel, Carolus d'Harrans, Fred. Hérard, abbé Hector Hoornaert, Vincent Huet, (Victor Hugo), (Jules Janin), Jules Jeannin (sic), T de L., Jean Labeur, Fernand Lafargue, Hugues Lapaire, Gaston de La Source, De La Tour Varan, Adolphe Lebrun, E. Le Brun, E. Leclerc, Gustave Ledoux, Georges Lefebvre, Frédéric Lévy, Stephen Liégeard, Jean Lombard, Jousé Loubet, Emile Maison, Joseph Maissiat, J.F. Malan, Joseph Manin, Francis Maratuech, A. Marion, Gabriel Maris, Louis Martel, Johannes Meghy, Louis Mercier, Rose Méryas, Pierre Mieusset, Mira, C. de Montjaillon, Jean Moréas, (Hégésippe Moreau), Gaston Moreilhon, Honoré Muratel, Gustave Nadaud, Georges Nicolas, C. Niemand, P.P., Louis Pascal, Jean Petit, Pétréaux, Germain Picard, E. Pillot, G. Pontis, A. de Pontmartin, Edmond Porcher, Georges Price, Jean Rameau, Paul Redonnel, Renard, Jules Renard, Jacques Renaud, Henri Reveillez, Léon Riotor, Francisque Rivière, Georges Rocher, Clément Rosset, Elzéard Rougier, Antoine Roule, Jacques Roumanille, Docteur Adolphe Rousseau, Saint-Thuron, G. de Saint-Yves, Marcel Sérizolles, C. Seux, Bilgare Smira, Herbert Sonarset, Joséphin Soulary, (Eugène Sue), Sully Prudhomme, Eugène Tavernier, Eugène Thébault, Joannès Tranchant, Etienne Trévenor, Trois-Etoiles, Jules Vacoutat, Pierre Vallone, Van-Geffen, Robert Vasseur, Paul Verlaine, H. Vigneron, Viviane, vicomte E. Melchior de Voguë.

On a remarqué :

  • N°1 (15 mars 1889), p.1 : " Aux lecteurs " " ...La plupart d'entre nous sont des inclassables... des déclassés de la littérature, n'appartenant à aucune école, n'ayant cure d'aucune formule, ne visant qu'à être personnels. Avec de tels collaborateurs, il était impossible de former une coterie. Aussi les avons-nous fort bien accueillis, et accueillerons nous de même tous ceux qui leur ressemblent.
    Nous n'aimons et n'estimons que l'originalité, pourvu toutefois qu'elle se marie au talent. Quant à un programme, avec de telles opinions, il serait trop long à rédiger, puisque nous ne voulons pas être esclaves, même d'un programme. Le nôtre sera de n'en point avoir. - La rédaction. " Toutefois, Bossanne ajoutera dans le N°4 (p.64) : " Il ne faut pas oublier non plus que nos Annales sont Gauloises, c'est-à-dire que tout en restant sérieuses, elles sont absolument décidées à ne pas mourir de chagrin ".

  • N°1(15 mars 1889), pp.7-8 : Georges Lefebvre " Après avoir lu le Songe de Scipion ", poème.

  • N°1(15 mars 1889), Verlaine : " Léon Vanier " - Texte des " Hommes d'Aujourd'hui ", n° 320.

  • N°1 (15 mars 1889), pp.9-11, Jacques Renaud : " Ceux de chez nous - Le Fi Bâlouët ", dédié à maître Octave Mirbeau).

  • N°3 (15 mai 1889), p.35, Jean Lombard : " La Ballade avant la bataille ", poésie.

  • N°5 (1er juillet 1889), Stephen Liégeard : " Rochefort, poète ".

  • N°5 (1er juillet 1889), pp. 68-69, Paul Verlaine : " A un ami " (incipit : " Mon Cazals, ma plus belle amitié... "). Ce poème sera repris en 1891, dans " Bonheur ", pièce XV, publié par Vanier, sensiblement modifié, puisque sans titre et surtout amputé du nom de Cazals, remplacé par le mot " ami ").

  • N°9 - 3e année (septembre 1889), Léon Deschamps : " Ordonnance ", poème

  • N°16 (15 décembre 1889), pp.242-243, H. Bossanne : " Le Délégué pour voir Verlaine "

 

Le Délégué pour voir Verlaine

----------Monologue

Voici l'ordre qu'un clan barbare
Me jeta, lorsque tout rêveur,
J'attendais que le chef de gare
Visât mon permis de faveur :
" Est-ce un chacal, est-ce une hyène ?
" Hurle-t-il ? Est-il assommant ?
" N'allez pas oublier Verlaine,
" O muse du département ! "

Verlaine, Rimbaud, symbolisme,
Moréas, Baju, Mallarmé,
Réprouvés et fauteurs de schisme,
Dansent dans l'esprit alarmé
Des bons poètes de province
Qu'épouvantent les nouveautés.
" Allez voir Verlaine, le prince
" De ces novateurs effrontés. "

Me crièrent-ils à tue-tête.
C'était un honneur peu brigué,
Car tous ayant peur de la BETE,
M'avaient nommé leur délégué.
Au Boul'Mich, en voyant l'Archange
Perforer le Diable insolent,
Je crus voir le spectacle étrange
De Moréas m'écartelant ;

Car dans ma conviction faite,
Je disais : si Verlaine est Dieu,
Jean Moréas est son prophète ;
C'est l'Archange au glaive de feu
Qui garde le maître insondable,
Tu vas passer un dur moment
Au seuil de l'antre épouvantable
O muse du département !

Que la bière était assez fraîche,
Qu'il faisait chaud, et cétéras.
Moi qui ne fus jamais revêche,
J'offris galamment mes deux bras ;
Même, pour ce fait, c'est atroce
- On l'a fort mal interprété -
Vanier, notre éditeur féroce
Ennemi de la vérité,

A son état qu'on voit du large,
Se croit-il pas autorisé
D'exposer quelque jour la charge
- Du maître minotaurisé.
Et la chose sue en province,
Fait murmurer sournoisement :
Votre puissance n'est pas mince,
O muse du département !


Pour pénétrer dans le repaire,
Je rêvai d'un moyen usé,
Celui d'amadouer Cerbère ;
- Ah ! que chez nous on est rusé !
Mais ce fut là chose inutile :
Grâce à l'ami Léon Deschamps
Qui daigna, lui, le rat de ville,
Me piloter, moi, rat des champs.

L'autre jour j'étais à la porte
Du pontife mystérieux.
Qu'Anatole Baju m'emporte,
Moi qui n'eus jamais froid aux yeux,
Si je n'ai pas senti l'angoisse
Faire tic-tac sous mon gilet.
- Bonnes vieilles de ma paroisse
Pour moi dites un chapelet !

Je vous promets un fameux cierge
Saints qui garantissez des coups,
Nanon qui fut peut-être vierge,
Le brûlera par les deux bouts
Si je sors vivant de ce Louvre.
Ce bocal n'a rien de charmant,
- Prends ton air digne, car on ouvre,
O muse du département !

C'est Verlaine, c'est en personne
Le monstre que je viens traquer.
- Il a les yeux bleus ! Elle est bonne
La blague ! - J'allais attaquer,
Quand deux belles déliquescentes
Entraînant les héros divers,
Me murmurèrent, fort décentes,
En sourires, en prose, en vers,

En vain de la Garonne à l'Ebre,
Chercheriez vous plus fier que moi :
Je suis presque un homme célèbre ;
Ma présence met en émoi,
Les amis - La littérature
Sévit chez nous comme un fléau -
Se racontent mon aventure
Sur le trottoir, pensant tout haut :

" Faut-il qu'il ait dans la cervelle
" De la force de volonté !
" Il a vaincu le grand rebelle,
" Certe, en daignant il l'eût dompté. "
Et moi, fréquemment hors d'haleine,
Je cause des tressaillements
Rien qu'en disant : J'ai vu Verlaine,
O muses des départements !

Henri Bossanne
[orthographe et ponctuation rigoureusement respectées]

Et pour le plaisir des yeux, voici la réponse de Verlaine, qui constitue la pièce LXXIII de " Dédicaces " ( 2e édition publiée par Vanier le 22/12/1894), où l'on retrouve la présence de ces deux créatures et l'explication du " CE " de Verlaine, en regard de la " BETE " de Bossanne. Ce poème parut dans ce même périodique le 05/11/1890, après une première publication dans Le Chat Noir du 18 octobre précédent.

LXXIII

A Henri Bossanne

Bon imprimeur de la première édition
De " Dédicaces ",
Vous vîntes à Paris dans une intention
Des plus cocasses :

S'agissait de me voir, de m'interviewer
Pour la province,
Apprendre ce que pouvait agir et rêver
Ce moi si mince.

Or il advint qu'au jour où j'eus le cher plaisir
De vous connaître
J'étais chez moi, rideaux tirés sur la fenêtre,

En manches de chemise et chaussons de loisir,
Avec deux femmes !!!
Et vous : " Ce n'est donc pas CE prince des infâmes "

 

 

  • N°4 - 2e année (15 février 1890), pp.313-314 : " Théodore de Banville ", par Léon
    Riotor.

  • N°6 - 2e année (15 mars 1890), p.349 : " Décadisme " par Henri Delcourt.

Décadisme
(pour embêter René Ghil)

Il lui disait : " Je t'aime, ô Femme, aux apparences
D'un ensoleillement stellaire, - cyclamen
Parfumé jeté dans mon vital cycle ! Amen !...
J'en rends grâce à Dieu ! Point ne sont tes appas rances !...

Me voici devant Toi, - moi qui ne peut plier
Sous un joug féminin, - sous ton pied qui se cambre
Prosterné, le front plus bas que le fier Sicambre...
- Telle la brise courbe un jeune peuplier...

O Déesse, - Diva, comme on disait à Rome, -
En ta crinière d'or d'où vient, dis, cet arôme
Qui me tente ardemment ?...La pomme, dès qu'Adam

T'aperçut, mêmement tenta le premier homme !... "
Elle interrompt enfin ce discours qui l'assomme :
" Vous êtes fou, mon cher ? " - " Non, je suis décadent !... "

Henri Delcourt

 

  • La collaboration de Jules Renard aux Annales Gauloises : 6 contributions.
    En 1890 " Flirtage ", (nouvelle), " A la Pipée " (nouvelle) et " Une passionnette ", (nouvelle) seront repris dans " Crime de Village ". " La Demande ", (nouvelle) sera repris dans " Sourires Pincés ". " Une passionnette ", avait paru précédemment dans La Revue de Paris de Léo d'Orfer, en mars 1887.
    En 1891, " Le Retour ", (nouvelle) sera repris dans " Crime de Village " et " Les Petites
    Bruyères ", (maximes) sera repris dans " Sourires Pincés ".
  • N°5 - 3e année (mai 1891), pp.129-131 : Dans son article " Symbolistes et Décadents ", Eugène Tavernier déclare : " L'épreuve du symbolisme est faite. Ce genre n'a produit aucune œuvre viable et les aspirations vers un immarcescible idéal sont loin d'avoir été atteints ".
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Notice: G. Picq