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Paris-Province
Revue mensuelle publiée par l'Académie littéraire et artistique de Paris-province

-------Cette revue mensuelle est fondée en 1892 par la statuaire Élisa Bloch qui en est, jusqu'en juillet 1905, la propriétaire et la directrice. Son époux, Léon Bloch, rédacteur en chef de L'Écho, occupera la fonction de gérant. Le périodique connaît quelques difficultés à paraître entre janvier et juin 1904 en raison de l'état de santé déclinant de sa directrice. A la veille de sa mort, en 1905, Elisa Bloch nomme Mme M. Foyot d'Alvar nouvelle propriétaire et directrice. Le rédacteur en chef est Armand Bourgeois jusqu'en février 1894 ; il sera remplacé par Gaston d'Hailly puis en 1896 par Alexandre Tanchard. Paris-Province tente de se faire plus attractif en introduisant la gravure et la reproduction de photos, cette initiative fut de courte durée puisqu'elle ne concerne que les numéros de 1895 et de 1896. Paris-Province survivra que peu de temps à sa fondatrice puisqu'il cesse de paraître en 1909.

Cette revue se veut l'organe de presse de l'Académie littéraire et artistique de Paris-Province, laquelle académie répond à une double pensée : " décentraliser les lettres et les arts, mettre en lumière les jeunes talents pour qui, chaque jour, et à chaque pas, se dressent tant de difficultés ". L'appel lancé aux " grands maîtres " pour qu'ils contribuent à promouvoir cette entreprise et encourager les jeunes artistes ne rencontre que peu d'écho malgré les 400 sociétaires dénombrés en 1893. Si José Maria de Heredia est membre d'honneur de la revue et Hyppolite Buffenoir en est membre titulaire et signe quelques articles, peu de grands noms apparaissent. Ceux-ci appartiennent à des univers diamétralement opposés : Émile Goudeau et Jean Rameau représentent les hydropathes, Anaïs Ségalas et Manoël de Grandfort la littérature d'inspiration chrétienne, la baronne de Staff le conservatisme bourgeois… on trouve aussi des écrits de l'occultiste Favre des Essarts.

Celui-ci peut apparaître comme un périodique à la dévotion de sa directrice tant les poèmes et les textes qui lui sont dédiés y sont nombreux. Deux autres axes éditoriaux se font jour, certainement liés à la personnalité d'Elisa Bloch. Une place importante est accordée aux femmes : non seulement celles-ci signent la majorité des articles et des textes publiés mais surtout elles sont le sujet de nombreux portraits et comptes rendus. A côté des poèmes d'Anaïs Ségalas et des chroniques de la Baronne Staffe ou de Manoël de Grandfort, les expositions des femmes peintres et sculpteurs sont régulièrement évoquées. Paris-Province apparaît également comme une revue russophile, suivant la mode initiée par La Nouvelle Revue de Juliette Adam. Marie Bashkirsteff est souvent évoquée, un de ses pastels se retrouve même comme lot à une des tombolas organisées par la revue. On parle de Sarah Bernhardt à Moscou, F. de Spengler donne "France et Russie ", Pierre Legrand est le thème imposé du concours organisé en 1893 et la revue s'associe à la manifestation patriotique organisée, la même année, en l'honneur des marins russes.


Dr. Nelly Sanchez

Littérature et art - magasin
4-Z-927 < 1,1892(1)-5,1896(11) ; 7,1898(1)-19,1909(7)(lac.) > support : livre

Arsenal - magasin
8-JO-20998 < a. 1, n° 1 (1892, janv.)-a. 12, n° 7 (1902, juil.) > support : livre
8-JO-21611 < a. 13, n° 1 (1903, janv.)-a. 16, n° 6 (1906, juil.) <inc.> > support : livre